• C'est sympa d'écrire des bouquins pour moi, les gars...

    Bon, à vrai dire, non, personne n'écrit de bouquin JUSTE pour moi. C'est une façon pour moi de vous décrire cette très agréable sensation que doivent connaître, je suppose, tous les créateurs d'univers imaginaires, aussi modestes soient-ils (les univers parce que les créateurs, il en ait même qui tiennent des blogs, c'est dire...). En effet, quand vous avez mis des années, oui, des années, à construire, brique par brique, une ambiance qui vous convient, dans laquelle vous êtes capables de vous glisser en un instant comme dans des charentaises thermoformées en peau de lapin retournée, vous êtes le plus heureux des hommes quand vous trouvez sur votre chemin, par surprise, une oeuvre, un livre, un film... qui semble avoir été fait dans le seul dessein de s'insérer à merveille dans votre propre création.

    Pour la plupart des ingénieurs de quelque mondes en chantier que ce soit, il s'agit le plus souvent d'un film ou d'un roman. Pour moi, avec Terra Incognita, cela a plus de chance d'être un bouquin d'histoire. En ce moment, je suis béni. La doc pour TI s'accumule sur mon bureau avec une étonnante facilité, signe, de mon point de vue, de l'arrivée à maturité de mon univers. Je sais désormais en un instant ce qui EST ou n'EST PAS Terra Incognitesque. De plus, chacune des inspis labellisées par mes soins "Contient du Terra Incognita" apporte sa propre pierre à l'édifice pour le renforcer et l'enrichir : ce n'est que du bonheur.

    Premier exemple. Dans l'antique mais foisonnante collection "La vie quotidienne", j'ai dégoté un La vie quotidienne des médecins au temps de Molière qui n'est pas piqué des vers. L'auteur, François Millepierres, nous décrit avec cette verve qui était celle de bien des historiens des temps jadis (disons, période pré-Nouvelle Clio...) les invraisemblables remèdes prescrits par tous les Diafoirus de ce temps. Il n'y a rien à rajouter : poudre de tripes de loups séchées au vin blanc, clystères gros ça-comme, saignées à débit déraisonnable... On y est ! Tout un monde baroque et picaresque dans lequel aucun espoir de guérison n'est interdit (nécessaire pour l'aventure avec un A) mais où, dans le même temps, les contreparties nécessaires risquent d'être au minimum... euh... désagréables. Avec la touche d'humour pas dégueulasse autour d'une table de jeu de rôles en supplément. Je voulais un système de guérison ultrasimple pour Terra Incognita car, de Légendes (aaaaaargh !) à Rêve de Dragon, c'est un aspect des systèmes de jeu qui m'a toujours paru des plus rébarbatifs. En même temps, je cherchais un petit twist qui le rende sensiblement différent de celui de James "Je prends une douche et je suis à vous" Bond 007. Le voilà prêt à servir.


    Deuxième exemple. Je lis en ce moment même un passionnant ouvrage de Giles Milton, Captifs en Barbarie. Cela parle des incursions des pirates barbaresques (maghrebins, en fait) en Méditerranée et bien au-delà et du sort de leurs captifs, réduits à l'état d'esclaves. Si les Barbaresques ont sévi du 16ème au 19ème siècle, la période privilégiée par l'auteur du fait des sources disponibles est approximativement les années 1710-1720. Pile la période durant laquelle j'ai fixé la période d'entrée en jeu des personnages dans l'uchronie qu'est Terra Incognita. Et pourtant, ballot que je suis, les barbaresques, je n'en parlais pour ainsi dire pas dans le background du jeu. J'avais bien une allusion ou deux à Moulay Ismael et aux raids vengeurs de Duquesne mais très peu de choses. Et pourtant ! Les raids totalement surréalistes de pirates musulmans aux crânes et aux cimeterres luisants sur les côtes de la Manche, le sort palpitant de personnages emmenés comme esclaves dans des pays lointains et inconnus, des roitelets orientaux baroques et sanguinaires... c'est d'un seul coup tout une région du background de TI qui se trouve enfin éclairée de la lumière qu'elle mérite amplement. Et hop, je le note.

    Ce n'est pas fini ! Chaque jour j'ai l'espoir de trouver un livre, d'Histoire ou roman, une BD, un site web, une expo ou un simple tableau qui viendront enrichir mon monde. Tenez, j'ai déjà mis sur ma liste des "must have"
    Crimes, fastes et misères dans le Paris du Roi-Soleil, la réédition largement augmentée d'un petit livret de Robert Chesnais autrefois publié chez "L'esprit frappeur" et qui, épuisé, n'avait jamais réussi à finir dans mon escarcelle. Je sens que ça va contenir de la Cour des Miracles, du bandit de grand chemin et autres PNJs hauts en couleurs. Miam !
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