• Cyberpunk Reload (4ème partie)

    Yo. Han, han. Spéciale dédicace pour Stefff56 qui, lui aussi est dans la plaaaace. Narbeuh's back on the mic'. Ready ? Big up for Cyberpunk. Come on, singing :  Big up for Cyberpunk...  Oulah, ça me fait des choses toutes bizarres moi de relire des trucs sex and drug and rock n' roll. Remarque, les suppléments CP2020 n'étant pas trop comme ça (enfin, pas souvent...), ça doit être autre chose. Trève de bavardage : tout de suite, la suite du Cyberpunk Reload.

    Pour ce 4ème volet, reprenons un principe bien compris chez Mondes en Chantier : faisons un peu n'importe quoi dans n'importe quel sens mais faisons le bien. Donc deux supp' au programme n'ayant à peu près rien à voir si ce n'est (et hop, salto arrière, rétablissement, salut au jury) l'année de publication : 1991. Oué, ça ne nous rajeunit pas.

    eurosource.jpg Pour commencer, Eurosource. Ce petit livret en VO de 80 pages a donc, comme on l'imagine, pour ambition de nous présenter l'Europe de 2020. Vaste programme. Surtout pour des Américains. Un ch'ti coup d'oeil à la couvrante pour commencer. Ooooh, c'est plein de... euh... couleurs. C'est un dessin pleine page aux tons assez pastels qui tranche avec le style habituel mais c'est sans doute voulu : contriarement aux USA de 2020, Cybverpunk imagine l'Europe comme une verte et plaisante contrée. Pas de soucis, on est bien en Europe puisqu'à l'arrière-plan il y a la tour Eiffel. La France est d'aileurs à l'honneur sur la couv' (bien plus que dans le livret où son sort est expédié en 2 pages) puisque ce petit jeune homme là au premier plan, avec une la clope au bec, un polo Lacoste rose et une coiffure banane direct from the fifties... eh oui : c'est un Français. Bon, pour tout dire, on notera qu'il y a aussi un Japonais dans le lot. L'enseignement de la Géographie est quand même vraiment au fond du trou aux States... Malgré tous ces bémols, donnons à la couv' la mention passable, voire même bien par rapport aux horreurs sans nom qui défilent en rang serré dans une hideuse mise en page stalinienne à l'intérieur : beurk.

    Le ton général, maintenant. L'idée de base est très old school à tendance kitsch : il s'agit donc de ne retenir de l'Europe qu'un concentré de Monaco, Saint Morritz et Saint-Germain des Prés pour en faire un havre de paix, de classe et d'opulence afin de mieux mettre en exergue la memerde que c'est pas aux States en 2020. Moué, un peu masos, les Ricains mais pourquoi pas... Ceci dit, de notre point de vue, cela condamne l'ouvrage a être fort peu réutilisable end ehors de cette imagerie cyberpunk classique de l'Eurostyle.

    A cela s'ajoute le fait que l'entreprise à laquelle l'auteur et ses petits camarades se livrent est carrément sans filet et même sans les mains. Et oui, pas de chance les gars : 1991. Le bloc soviétique s'effondre en Europe de l'Est, l'URSS disparaît, les tensions apparaissent dans les Balkans... on ne savait par conséquent déjà pas ce qui allait bien pouvoir se passer dans les années 1990 alors en 2020, la gageure ! Les auteurs de Cyberpunk 2020 n'atnt déjà pas très forts en géopolitique habituellement on a donc dans le supplément comme on peut s'y attendre l'URSS, la Yougoslavie, la Tchécoslovaquie...

    Bon, OK, pour ça : too bad. Et l'ouest alors ? Prenons la France, notre beau pays, en exemple. On n'y coupe pas : les Français de 2020 sont des espèces de tarlouzes plus portées sur la mode et l'art de vivre en général que sur les gros guns et les prothèses cyber. Les Allemands sont, bien entendus, puissants, ambitieux, portés sur les technologies solides et volontiers militaires et font donc un peu peur (c'est tout juste si on entend pas du Wagner en fond sonore à la lecture). Les Anglais sont dans une situation chaotiques, assez similaire à celle des USA ("ouaf, ouaf, nous, on fait toujours tout comme nos copains"). Bref, c'est assez (??) caricatural.

    Heureusement, si on entre dans le détail, tout n'est pas si naze. Ainsi, revenons en France, on découvre que la France, éternellement instable poltiquement, est désormais gouvernée par la VIIème République. Celle-ci, démagogique au possible, est gouvernée essentiellement par des sondages quotidiens qui ajustent les politiques menées en temps réel. Pas idiot, tristement réaliste et fort inspiré de l'excellent roman pré-cyberpunk de John Brunner, Sur l'onde de choc. On apprend aussi que le métro parisien a été abandonné pour des raisons de coûts et de vétusté. De ce fait, ses stations et galeries, désaffectées, servent de refuge aux marginaux de la capitale (Subway ? Non, donjon !!!).
    Tout ça n'est pas si mal mais tient en 2 pages pile-poil. Les autres sujets (les autres pays, les institutions de l'Union Européenne, les cyberpunks en Europe...) bénéficient du même traitement superficiel. Il est vrai qu'une grosse partie (30 pages) du supp' est occupée par un scénario qui, pour une fois, est très développé avec PNJs, plans, systèmes informatiques...

    Il est à noter que dès 1995 ce supp' a été suivi d'un Eurosource Plus que, chat échaudé etc..., je me suis empressé de ne pas acheter mais qui est, paraît-il, plus gros et plus détaillé et qui, bien sûr, intègre les changements géopolitiques majeurs apparus en à peine 4 ans.

    corpbook1.jpg A la même épqoue (1991), donc, sortait également le 1er volume de Corporation Report (VO). C'est là aussi un petit livret d'un peu plus de 80 pages et à couverture souple contenant du background. En l'occurence, la desription de deux mégacorporations de 2020 : Arasaka et IEC.

    En ce qui concerne la forme, on passe de la débauche de couleurs à l'extrême sobriété : les logos des deux boîtes, deux horribles à plat de couleur gris et jaune et roule ma poule ! C'est sûr, on est tout de suite transporté dans les intrigues corporatistes feutrées mais sans pitié de 2020... Par contre, l'intérieur est très correct : certaines illustrations sont certes hideuses (il doit y avoir des quotas, je pense...) mais d'autres sont belles (notamment celles de matos), les plans et graphiques sont bienvenus et la mise en page est sobre et lisible. Un miracle.
    A noter qu'il existe une VF de ce supplément qui, fort heureusement, change la couverture.

    Le contenu est également tout à fait à contre-courant du reste de la gamme : on prend son temps. Une trentaine de pages pour chaque corpo : histoire, activités, stratégies économiques, dirigeants et VIP (avec leurs stats), matos spécifique avec fiche et illu pour chaque, lieux-clefs avec plan qui va bien et même un mini-scénar ! Le luxe. Ca donne en tout cas sacrément du corps à des acteurs majeurs du background de Cyberpunk 2020 comme l'est Arasaka justement. Seul bémol : tout ce qui concerne la Matrice est quasiment inexistant tant au niveau modèle économique qu'au niveau sécurité. Dommage...

    iec.jpg Que penser du choix des deux corpos présentées dans ce premier volume ? Arasaka semble doublement pertinent.
    Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est donc une compagnie de sécurité privée qui a prospéré dans des proportions considérables. D'une part, ce sont de ce fait de fréquents adversaires des PJs. Surtout, là je dis : bien vu. Le début du 21ème siècle, en Irak, en Somalie ou ailleurs, nous prouve que la tendance lourde est à la privatisation des opérations militaires qui commencent à passer des armées nationales aux armées privées sous mandat. Des corsaires, en fait. J'avoue qu'en 1991 j'étais assez sceptique sur ce truc mais là, la triste réalité nous oblige à nous incliner sur la clairvoyance des gens de chez Talsorian. Une fois n'est pas coutume, les gars... D'ailleurs, au fait, pourquoi des Japonais ?

    L'autre corpo est International Electric Corporation, une corpo allemande très diversifiée mais qui a bâti sa fortune sur... l'électroménager. Hum. Je comprends le truc : ils ont voulu prouver que, non, les corpos dans Cyberpunk, ce n'était pas que gros guns et compagnie. L'intention est louable mais là, ce n'est pas très sexy quand même pour un 1er volume, IEC. Et puis, une corpo européenne qui prospère en 2020 grâce à l'électroménager, je suis assez sceptique pour le coup. Pour la peine, je vous mets en illu un scan d'un magnifique blender-mixer à carottes de marque IEC. Le seule illu de mixer de toute l'histoire du jdr (j'espère ne pas trop m'avancer sur ce coup...). Enfin bon, au bilan, c'est quand même, à mon goût, un des meilleurs suppléments de la gamme.

    To be continued...
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  • Commentaires

    1
    Jeudi 28 Février 2008 à 13:44
    salut !
    Parce que les jap' ils ont des ninjas !
    Suffit de demander !
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