• Cyberpunk Reload (épisode : retenez-moi où je fais un malheur...)

    Allez, on ne s'arrête plus : tête dans le guidon et droit devant jusqu'à la ligne d'arrivée. Y en a presque plus des supp' Talsorian pour Cyberpunk 2020 à chroniquer. Enfin, pour être exact, il y en a presque "plus sur mes étagères" et "de suppléments Talsorian". Si le vice me tenaille, j'envisage de prolonger ce Cyberpunk Reload par la chronique des suppléments non-Talsorian (le pire du pire et le meilleur du meilleur : mmmmh, intéressant). Ou bien, si je suis vraiment mais vraiment très méchant, je profite d'un séjour chez mes parents pour déterrer la réserve secrète : les suppléments Cyberpunk 2020 achetés mais laissés là-bas tellement j'étais sûr de ne jamais avoir envie de les re-feuilleter. Ouaip, ça pourrait aussi être rigolo...

    En attendant toutes ces réjouissantes espérances, concentrons sur notre tâche. Aujourd'hui, du tout-venant, avec deux avatars de la série des Chrome. Le 3 et le 4 (ouf, ils se sont arrêtés à 4). En VO. Bah ouais, c'est moche mais je n'avais pas eu, à l'époque, la patience d'attendre la VF. Gné.

    Pour ceux qui sont vraiment très peu familiers de la gamme CP2020, notez que les "Chrome" sont des suppléments de matos divers présentés (en théorie...) sous la, forme d'un fake de catalogue où les pubs et les notices techniques se succèdent sans grande cohérence (enfin, y a quand même un semblant d'organisation : un gun, un gros gun, un plus gros gun...).

    Le Chrome 3 débute par un choc. La couverture est belle. Ouaip, après celle de Live & Direct, on appelle ça la loi des séries. Des séries statistiques. Après une vingtaine de couv' toutes plus moches les unes que les autres, il allait bien finir par y en avoir une ou deux qui seraient sympas. Donc, OK : bonne illu, bonne ambiance. Et, la fille n'a presque pas des gros ... euh... guns. Voilà : elle n'a pas de gros gun à la main. Voyez, je vous avais bien dit : une bonne couv'.

    Bon, par contre, même punition que dans le supp' consacré aux Medias : l'intérieur est uniformément laid, avec une mention spéciale pour les véhicules qui sont particulièrement ridicules.

    En ce qui concerne le contenu, vous connaissez la formule : un maximum de conneries égayées de loin en loin par une trouvaille sympathique. Faisons le point chapitre par chapitre.

    D'abord, les gadgets électroniques les plus divers. C'est à la fois là où le risque de grosse déconnade est le moins élevé et où le risque de grosse plantade en matière de prospective réaliste est le plus grand. Dans ce registre, j'aime beaucoup la révolutionnaire option "signal d'appel" que, pour la modique somme de 5 eurodollars par mois, chaque cyberpunker aura à coeur d'ajouter à son téléphone cellulaire. A ce niveau de micromanagement du personnage futuriste, cela devient de l'art...

    Bref, passons vite pour se repaître du chapitre le plus n'importequoitesque : la cybernétique. Tiens, je crois que je vais reprendre un raccourci déjà testé dans cette série. Le fameux petit dessin qui vaut mieux qu'un long discours. Z'êtes prêts ? Scan!


    Ah, vous voyez ? Vous n'étiez pas assez prêts. Donc, oui, c'est un bras cybernétique tronçonneuse. Très pratique. Et seyant. Et pas du tout débile. Du tout, du tout. Alors quand même des fois ça fait peur d'avoir été fan de ce jeu. Pas vrai [ALT+R]Fred ?

    Par bonté d'âme, je passe rapidement sur le chapitre des véhicules qui, une fois de plus, me laisse particulièrement songeur sur les intentions des auteurs : une moto avec des mitrailleuses, un chasseur bombardier, un camping car blindé et, bien sûr, comment a-t-on pu vivre sans jusqu'ici à Night City : un blindé chenillé équipé d'une tourelle de 10 tubes lance-missiles. On parle bien du même Cyberpunk que dans les romans de Gibson, vous êtes sûrs ??

    Le chapitre suivant, consacré au matos du Netrunner est moins débile que la moyenne mais tombe à nouveau sur l'écueil du micromanagement. Franchement, c'est bien chiant de voir son PJ Netrunner choisir sa console à l'option ultime près puis de l'équiper d'une vingtaine de logiciels (qu'il aura bien entendu dûment copié depuis une paire de disquettes...). Bref, ça manque de souffle.

    Si j'ajoute que le Chrome 3 s'achève par plus de 30 pages consacrées aux[censure] conversions cybernétiques intégrales et autres armures de combat façon Maximum Metal  [/censure] (avec les fiches de caracs et tout), vous me direz : rien à sauver. Et, globalement, il faut bien avouer que vous aurez raison. Deux petites choses quand même : un court chapitre sur les cyberpets (des animaux de compagnie modifiés) qui est plutôt bien vu (le digital watchdog et sa télécommande est même vraiment pas mal) et... pas de flingos. Ouaip, vous avez bien lu : ce Chrome ne continet pas l'ombre du début d'un nouveau flingo.

    Ouah, ce scandale. Non, sans déconner, bien essayé les gars. Juste la prochaine fois, vous éviterez de les remplacer par des bras-tronçonneuses.

    Ces beaux efforts sont donc à mesurer avec le Chrome 4 (le dernier de la série en attendant un hypothétique Chrome pour Cyberpunk3 ?). Outre le fait que ce livret est tout fin, on notera aussi avec le même déplaisir la répugnante laideur de la couv'. Les statistiques, je vous dis. L'intérieur est très terne avec des dessins passablement inutiles du corps humain pour illustrer les implants biotechs. Par contre, j'aime le style un peu impressionniste des illus de véhicule de ce supplément.

    Alors, quant au contenu, j'ai déjà lâché le morceau : de la biotech ! Ouaip. Voilà déjà un bon point, délaisser les bras cybertronçonneuses pour des implants biotechnologiques. Bon, je vous rassure, vous trouverez aussi une poignée de trucs en "métal qu'est meilleur que la viande". Des lames hypertranchantes à monter sur vos bras, par exemple. Pour aller avec la tronçonneuse. Mais bon, c'est dit, place à la modernité : en avant les biotechs ! Bon, franchement, y a du pas mal. Des biomods qui permettent de mieux résister aux rayons du soleil ou s'adapter à des températures extrêmes, par exemple. Par contre, on voit côté règles la galère d'un jeu fourre-tout comme CP (c'est encore plus valable avec Shadowrun quand vous ajoutez la magie !) : difficile de rendre tout compatible. Quand un personnage à une ouïe biomodifiée, des cyberaudios et utilise un gadget électronique façon micro-espion, il se passe quoi exactement ? Il entend les battements d'ailes du papillon dans le Pacifique ? Son cerveau explose sous les décibels ?

    Dès le chapitre suivant, on retombe dans le tout-venant avec des véhicules sans intérêt (tiens, une moto ?). Seul le court passage sur les AV peut avoir de l'intérêt. Vous connaissez déjà mon opinion sur les consoles et logiciels pour Netrunner et sur les gadgets électroniques divers...

    Bon, et les flingos, ils sont où les flingos ? Bah, en fait, il n'y en pas non plus. Incroyable, ce qui ne devait jamais arriver est arrivé : les gars de chez Talsorian en ont définitvement eu marre d'inventer encore et encore de nouveaux guns de plus en plus gros. Moi, je dis : il y a de l'espoir en toutes choses.

    Du coup, comme pour le 3, on peut noter deux bonnes petites choses pour finir le supp'. D'abord, des règles pour gérer les dysfonctionnements et la réparation du matériel. Cela peut sembler chiant et inutile pour votre téléphone portable mais cela devinet passionnat et plein de perspectives pour votre cybermatos. Pinaise, j'ai des interférences dans mes cyberoptiques ! Et j'ai un court-circuit dans mes bras mécanique !! L'autre chapitre, tout à fait excellent et même, si j'ose dire, miraculeux, c'est le long chapitre consacré à la mode avec des double-pages très joliment illustrées qui montrent des personnages regroupés par style, de l'Edgerunner fonctionnel et résistant à l'Urban flash très... euh... flashy. Tout cela est un peu kitsch bien sûr mais cela fait du bien d'avoir des considérations autres que le nombre de D6 de dégâts dans un Chrome. Au bilan, le dernier de la série est finalement le meilleur, tout simplement.
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  • Commentaires

    1
    Vendredi 3 Avril 2009 à 21:51
    Rahh Lovely !
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