• Venise dans le jeu de rôle (3ème voyage)

    Aaaaaah Venise… Eh oui, pour moi, la rentrée est encore plus dure que d’habitude puisque j’ai à nouveau eu la chance de passer cet été quelques temps dans cette ville fascinante… la descente vers la normalité est donc plutôt duraille ! En principe, pour prolonger les rêves éveillés, on peut se tourner vers nos fidèles univers de jeux de rôles, pas vrai ? Et Venise, comme décor de jeu de rôle, ça se pose là quand même ! Pensez donc : les masques du Carnaval, les poursuites sur les canaux, les ruelles brumeuses entourées de palais séculaires, les liens avec l’Orient mystérieux… Allez hop : faisons un petit tour en plusieurs étapes des déclinaisons rôlistique de la Sérénissime.

    3ème voyage : Presque Venise…

    Certes, le potentiel imaginaire de Venise est fort. Mais cela reste, qu'on le veuille ou non, une ville du monde réel. Or, la grande majorité des jeux de rôles se déroulent dans des univers imaginaires. CQFD : voici pourquoi il n'y a pas plus d'utilisations de Venise dans les univers de jdr !
    Il y a néanmoins un moyen sûr de contourner le problème : s'inspirer de Venise et de ses traits saillants (canaux, masques... poursuites en Riva) pour recréer, ailleurs, une ville originale. Dresser la liste de tels emprunts imaginaires à la réalité est loin d'être simple : peut-on considérer que dès qu'une ville imaginaire possède un grand carnaval ou un réseau de canaux elle est vulgairement pompée sur la Venise réelle ? Bien sûr que non !
    Voici  les exemples indiscutables qui me viennent à l'esprit. Surprise ! Ils sont tous français.

    Le premier exemple est indiscutable même si l'emprunt est fait, à dessein, sur le mode parodique : il s'agit de la cité d'Aberrande dans le monde médiévalo-loufoque de Archipels. Il s'agit d'un grand port marchand, réputé pour ses espions et diplomates, qui connaît un grand carnaval (la Fantasmagorya) et qui est dirigée par un... Conseil des Dogues. Arf. Bref, une vraie Venise parodique.

    Le deuxième exemple est plus discutable : je mets dans cette catégorie la Venice de Ecryme, le jeu qui fit connaître Mathieu Gaborit. Pourtant, l'univers du jeu s'inspire ouvertement de la Terre et les références aux noms de villes sont multiples. Pour autant, cette Venice jonction des vertigineux canaux d'Ecryme et gouvernée par ses quatre Doges est suffisamment éloignée de Venise pour mériter ce titre de recréation imaginaire.

    Enfin, le meilleur et le plus gros exemple est... un supplément entier ! Il s'agit des Venn'dys, signé Tristan Lhomme (tiens, tiens...) pour Guildes 1. Furtivement apparus dans le livre de base où déjà leur nom et leurs aptitudes commerciales ne faisaient guère de doute quant à leur filiation vénitienne, les Venn'dys prennent toute leur place dans le jeu dans ce supplément que je trouve, à titre personnel, le meilleur du jeu et même un des tous meilleurs de ma ludothèque. Tristan Lhomme a su recréer là aussi sur la base des caractéristiques réelles ou fantasmées de la Sérénissime toute une région composée de plusieurs villes (la plupart sur canaux mais pas toutes) gouvernées par un Doge. Il y a un carnaval, des masques, des gondoles... L'inspiration est claire et revendiquée mais suffisamment démarquée par de nombreuses petites inventions ou adaptations qui rend l'ensemble à la fois familier (donc jouable facilement) et mystérieux (donc que l'on a plaisir à découvrir). Enfin et surtout, là où le travail du même auteur ratait un peu sa cible dans le contexte futuriste de Athanor, il trouve ici toute sa place car Venise, la vraie, aurait en effet eu toute sa place dans l'univers de Cosme. C'est d'ailleurs un peu le "défaut" de ce supplément dans la gamme : comment avoir envie de faire jouer autre chose que des Venn'dys dans Guildes ?
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  • Commentaires

    1
    Mercredi 6 Août 2008 à 19:29
    Comment ne pas applaudir des deux mains en guise d'approbation ? Pour moi aussi, ce supplément sur les Ven'Dyss est un régal. La plume de Tristan Lhomme m'a ancré dans ces canaux et îles-là, moi qui était déjà frappé, par ailleurs, du virus vénitien.

    Je n'ai pas été un fan de Guildes, mais cette partie-là de l'univers avait su me séduire pleinement.
    2
    Mercredi 27 Août 2008 à 19:29
    Mmmmh, l'idéal alors, pour se débarasser du cadre de Guildes qui t'embarasse serait de disposer d'un jeu permettant d'exploiter spécifiquement le setting vénitien. Par exemple  au Settecento. Mais ça n'existe pas. Hein, Xaramis, ça n'existe pas ? ;-!
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