• Voyage dans l'Etroit Royaume d'Alaconie

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    Les rues de Calioppe

     

    Je t’écris de Calioppe où les mélodies des chansons de marins du port de Lexandrie sont arrivées portées par l’Océan Prismatique et les vents au-dessus du delta de la rivière Couaille. Alors que dans la ville qui t'a vu naître, les rues sont orientées au nord, parallèles au fleuve Baille, ici elles se tournent vers l’est pour faire barrage aux vents du nord si glacés et surtout pour nous apporter les sons des pays de l’orient si doux à nos oreilles.

    untitled2.jpgLes lumières du phare de Lexandrie font prisonniers les papillons de ma mémoire et, au réveil, il me semble souvent que nous dormons encore ensemble. Mais lorsque d'un pas mal assuré je me lève pour regarder par la fenêtre, je ne vois pas la mer mais des bâtiments qui, du nord au sud de la ville s’élèvent en dégradé de hauteur : les plus hauts au nord pour faire barrage aux blizzards venus du Duché d'Alonzo et permettre aux habitations du sud de finir en jardins parfumés sur les rives de la Couaille.

    Seules des venelles en lacets connectent les habitants entre les lignes parallèles des rues, serpentant le long des lopins de terre entourant chaque bâtiment.chamule

     

    Des toits de pierres plates surplombent des balcons tirant profit des rayons solaires toute la journée qui se parent de fleurs, d’où les effluves aromatisées flottent au gré des courants d'air.

    Là où la rivière s'élargit, les habitants de cette cité ont bâti leur Grande Halle, bâtiment en éventail surplombant la place du marché où s’installent les marchands de passage chaque nouvelle lune pour y vendre aussi bien des Chamulles, des Zorgls que des épices de Sulfur ou des peaux d’animaux à fourrure épaisse venues de la lointaine Nomadie.

    Les manifestations hebdomadaires telles que le lavage des tentures de soie dans le Grand Bassin qui colore ses eaux de mille éclats ou le marché aux produits des potagers embaument chaque recoin de l’éventail…

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    Rue Gît-le-cœur

     

    Je réside rue Gît-le-cœur, en face de la Guilde des Gnomes Grincheux. C’est une petite rue de la vieille ville, bordée de maisons du Second Age et d’arbres magnifiques. Au bout de cette rue se trouve une fontaine publique, simple borne de granite, percée de deux orifices circulaires par où l’eau s’écoule.

    Les gens d'ici prétendent que cette fontaine pleure la disparition d’un jeune homme qui venait autrefois rencontrer à cet endroit la jeune femme  dont il était épris. Lorsque celle-ci dut, pour obéir aux injonctions paternelles, épouser un autre homme, il mourut de chagrin. On l’inhuma dans le cimetière du faubourg. La nuit suivante, la jeune fille éplorée vint en secret voler son cœur et l’enterrer à l’extrémité de la rue.

    C’est à cet endroit, où gît le cœur dérobé, que l’on bâtit une fontaine dont l’eau jamais ne s’est tarie.

     

    Rue des chausses à trous

     

    J'étudie chez Maitre Glaviot de Premice, un authentique Prédicteur Alacon, et je m'y efforce de voir l'avenir ou, tout du moins, de voir venir les clients... Il a son échoppe dans la Rue des chausses à trous, qui contrairement à ce que son nom semble indiquer, est une des rues les plus huppées de la nouvelle capitale du Royaume d'Alaconie. Il parait qu'il y a très, très longtemps dans un quartier pauvre, une vieille femme vivait dans sa petite maison de bois. Durant toute sa vie, elle s’était occupée de ses huit enfants puis quand ceux-ci furent grands et qu’ils la quittèrent, elle alla chercher du travail dans les habitations des grands marchands de la ville. Elle devint rapidement la femme à tout faire de la rue où vivaient tous ces grands hommes et son travail de prédilection était de repriser les belles chausses des enfants qui avaient tendance à y faire des trous en se trainant sur les parquets. Sa renommée fut si grande que de nombreuses personnes vinrent lui demander de repriser également leurs chausses. La rue où elle exerçait fut alors appelée rue des chausses reprisées.

     

    Mais vint un jour où une belle jeune couturière s’installa dans cette même rue, attirée par son nom. Tuntitled3.jpgous les hommes rappliquèrent pour lui faire la cour et la vieille femme fut de plus en plus négligée. Malheureusement pour la jeune couturière, la vieille lui portait encore ombrage par la rigueur de ses travaux d’aiguille tant et si bien que la jeune finit par intriguer auprès des notables pour faire renvoyer son ainée. Elle avait des tels appâts que sa requête fut vite accordée et l’ancienne ménagère dût plier bagages. Mais avant de partir vers une autre ville, elle déclara haut et fort que toutes les chausses des personnes habitant dans cette rue auraient toujours des trous, malgré tous les efforts que la belle couturière pourrait fournir. Et de fait, dès que la vieille femme disparut, des trous apparurent aux genoux et aux fesses ou même aux deux. La rue fut alors renommée la rue des chausses à trous et la jeune couturière perdit tous ses clients. Il n'est d'ailleurs pas rare aujourd'hui de croiser quelque précieux qui arbore des chausses à trous en souvenir de cette légende. Il ne faut bien entendu pas les confondre avec les margoulins et les margoulines de petite vertu à affection négociable de l'échelle de Montretout ...

     

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